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Francophonie et Roumanie
Les milieux francophones de Bucarest fourmillent depuis 2001 d’expatriés français en position diplomatique ou en entreprise, en poste pendant trois ou quatre ans en Roumanie : un monde à part, de privilégiés du système français, qui profitent des grands salaires d’expatriation (de 5000 et 7000 euros par mois, avis aux fonctionnaires) pour se financer pendant un seul mandat un appartement dans le sud de la France ou à Paris, même si ce ne sont que de "simples" professeurs à l’origine, pour ceux qui travaillent dans les services éducation et culture. La Roumanie et les Roumains, ça pourrait aussi bien être le Congo ou le Tchad, le Vietnam ou l'Amérique du sud, il n'y a pas de différence tant que cela est payé trois fois plus qu'un poste de professeur en France … le système éducatif roumain et l’enseignement du français, on le dirige du haut des chaises du SCAC, sans cotact réel avec le terrain et avec les complexités des systèmes et des cultures éducatives roumains, avec de temps en temps un petit colloque de façade, genre « Innover en Français ». De toute façon, il faut que les Roumains se bougent les fesses s’ils veulent de la francophonie et puis même s'ils se les bougent, il faut avoir des réseaux de haut niveau pour avoir un retour positif ou mieux encore un financement francophone disait un bon assistant technique du service coopération éducative. Voilà un bon sujet d’enquête pour les ministères des affaires étrangères : combien de nos expatriés ont clôturé l’achat d’une maison en France ? Combien de ces personnels des services de coopération et d'éducation ont été recrutés sur des critères de compétences et de connaissances du pays ou de la langue du pays ? Ce serait très intéressant à voir, plutôt que d’établir des pseudo-rapports sur les objectifs et les compétences des différents projets, critères qui, vu le dernier rapport entamé, ne semblent intéresser personne et sans aucune conséquence sur la suite des recrutements (très obscurs, d'ailleurs), rapports destinés peut-être à remplir les tiroirs du ministère jusqu’au prochain archivage. Le même monde qui tourne et qui se retrouve ici, au Vietnam, en Bulgarie ou en Somalie, une vraie secte de l’Education Nationale Française ou des Ecoles Normales, affirmait ouvertement une jeune employée de l’Ambassade de France, lors de la visite d’un grand homme politique français à Bucarest.
A part ce petit monde carriériste qui se retrouve souvent dans les postes ayant ou ayant eu des plaques diplomatiques sur leurs véhicules, comme si la plaque auto influait en quelque sorte sur la frustration française, la Roumanie a vu aussi des Français heureux et motivés, qui se battent pour elle, pour sa reconstruction démocratique, mais qui resteront à jamais inconnus et non appréciés par le Ministère français et par ses fonctions pistonées.
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